UN-DEC-2025- French

Volume 09

Principales

caractéristiques

Principales caractéristiques

Akbar Moideen Thumbay,

Vice-Président, Division des

Services de Santé, Groupe

Thumbay, Émirats arabes

unis

Lumières sur le leadership

Dr Bertrand Haan, Sorbonne

University Abu Dhabi (SUAD),

Focus Régional

Dr Ashraf Mahate, Academic

Advisory Board, Studiosity,

Émirats arabes unis

Perspectives académiques

Dr Rahaf Ajaj, Abu Dhabi

University (ADU), Émirats arabes

unis

Oussama Ramzi Khettabi,

Chercheur postgradué,

Bournemouth University,

Royaume-Uni

Multilingual Global Exclusive

Décembre 2025

La prochaine génération de

l’internationalisation :

enseignements tirés de la NAFSA

Dr Fanta Aw, Directrice exécutive et Présidente-directrice générale de la NAFSA

Lumières sur le leadership

02

| La prochaine génération de l’internationalisation : enseignements tirés de la NAFSA

Table Des Matières

Éditorial

Bienvenue dans la Lettre

d'information universitaire

Par Dr Laura Vasquez Bass

Rédactrice en chef

04

Perspectives

de l’Industrie

Leçons d’innovation du Groupe

Thumbay : un écosystème de santé

Entretien avec Akbar Moideen

Thumbay, Vice-Président, Division des

Services de Santé, Groupe Thumbay,

Émirats arabes unis

08

Lumières sur

le leadership

NAFSA : devenir « le rassembleur et la

conscience mondiale de l’éducation

internationale »

Entretien avec Dr Fanta Aw, Directrice

exécutive et Présidente-directrice

générale, NAFSA : Association of Inter-

national Educators

14

Lumières sur

le leadership

Histoire, humanité et enseignement

supérieur :

Entretien sur l’art du leadership à la

Sorbonne University Abu Dhabi avec

Dr Bertrand Haan, Vice-chancelier

adjoint aux affaires académiques

22

Focus Régional

Les étudiants du Moyen-Orient

attendent et souhaitent un soutien par

l’IA, et ils se montrent optimistes quant

à l’avenir

Dr Ashraf Mahate, Academic Advisory

Board, Studiosity, Émirats arabes unis

28

Perspectives

académiques

Une carrière à impact — mon parcours

du rôle de régulateur national à celui de

leader académique

Dr Rahaf Ajaj, PhD, CSci, SFHEA Profes-

seure associée en santé et sécurité

environnementales, College of Health

Sciences, Abu Dhabi University (ADU),

Émirats arabes unis

34

Perspectives

académiques

Comment les réseaux sociaux façonnent

la mobilité internationale des étudiants

Oussama Ramzi Khettabi, Chercheur

postgradué, Bournemouth University,

Royaume-Uni

40

ARTICLE DE COUVERTURE

Page 13

Page 37

Page 19

“ La prochaine ère pour

Thumbay consiste à

devenir un écosystème

de santé académique,

reconnu mondialement,

reposant sur la

technologie et centré

sur le patient. ”

06

| Balancing Tradition and Transformation: Place and the Future of Universities

Dr. Laura Vasquez Bass

| La prochaine génération de l’internationalisation : enseignements tirés de la NAFSA

04

Bienvenue dans la

Lettre d’information

universitaire

U N M O T D E L A R É D A C T R I C E

E N C H E F

05

Dr. Laura Vasquez Bass

EDITORIAL

Rédactrice en chef

La prochaine génération de l’internationalisation : enseignements tirés de la NAFSA |

06

Bienvenue dans la

Lettre d’information

universitaire

À un moment où le monde de l’enseigne-

ment

supérieur

réinvente

sa

finalité

globale, ce numéro général de la Lettre

d’information universitaire, intitulé « La

prochaine génération de l’internationali-

sation : enseignements tirés de la NAFSA »,

nous invite à réfléchir à la manière dont

les établissements peuvent aller au-delà

d’une simple expansion et plutôt renouve-

ler de manière innovante leur engage-

ment international. Le titre de ce numéro

s’inspire de notre entretien Lumières sur le

leadership avec Dr Fanta Aw, Directrice

exécutive et Présidente-directrice géné-

rale de la NAFSA : Association of Interna-

tional Educators. Elle y décrit la mission de

la NAFSA comme étant celle de devenir à

la fois « le rassembleur et la conscience

mondiale de l’éducation internationale ».

Ses propos nous incitent à envisager

l’internationalisation

non

seulement

comme un réseau de partenariats ou de

programmes de mobilité, mais comme un

projet éthique partagé — un projet fondé

sur le dialogue, l’inclusion et la co-créa-

tion

de

communautés

mondiales

d’apprentissage réciproque.

Dans

notre

section

Perspectives

de

l’Industrie, M. Akbar Moideen Thumbay,

Vice-Président de la Division des Services

de Santé au sein du Groupe Thumbay, aux

Émirats arabes unis, partage des éclaira-

ges issus de l’évolution remarquable de

l’entreprise vers un véritable écosystème

de santé intégré. Ses réflexions, présen-

tées dans « Leçons d’innovation du

Groupe Thumbay », illustrent comment

une innovation intentionnelle — ancrée

dans l’éducation et les soins aux patients

— peut amplifier l’impact à travers

plusieurs secteurs tout en demeurant

profondément attentive aux besoins de la

communauté.

La rubrique Lumières sur le leadership de

ce numéro met en avant deux visions

distinctes

mais

complémentaires

du

leadership. Aux côtés du Dr Fanta Aw, nous

nous entretenons également avec le Dr

Bertrand Haan, Vice-chancelier adjoint

aux affaires académiques à la Sorbonne

University Abu Dhabi. Dans son entretien

intitulé « Histoire, humanité et enseigne-

ment supérieur », il revient sur son

parcours, depuis sa formation initiale en

histoire jusqu’à ses responsabilités actue-

lles au sein de l’établissement. Il souligne

notamment le rôle essentiel du multilin-

guisme, de l’écoute active et de la com-

préhension réciproque comme piliers de

son approche, favorisant à la fois l’exce-

llence

académique

et

la

connexion

humaine.

| La prochaine génération de l’internationalisation : enseignements tirés de la NAFSA

07

Dans notre Focus Régional, nous nous tournons

vers le Moyen-Orient, où le Dr Ashraf Mahate,

membre de l’Academic Advisory Board de

Studiosity, analyse de nouvelles données révé-

lant que les étudiants de la région sont optimis-

tes quant au rôle de l’intelligence artificielle

dans leurs parcours académiques. Dans son

essai intitulé « Les étudiants du Moyen-Orient

attendent et souhaitent un soutien par l’IA, et ils

se montrent optimistes quant à l’avenir », il exa-

mine les conclusions de la récente enquête sur

le bien-être des étudiants menée par Studiosity

dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord

(MENA). Les résultats de l’enquête suggèrent

plusieurs observations intéressantes, notam-

ment les attentes élevées des étudiants MENA

concernant l’intégration de l’IA dans leur édu-

cation.

Dans Perspectives académiques, le Dr Rahaf

Ajaj, Professeure associée en santé et sécurité

environnementales à l’Abu Dhabi University,

revient sur une carrière reliant la régulation

nationale au monde universitaire dans « Une

carrière à impact — mon parcours du rôle de

régulateur national à celui de leader académi-

que ». Son essai nous rappelle que le leadership

dans l’enseignement supérieur se construit

souvent à partir du service public et de l’enga-

gement scientifique, et que ces carrières d’un

impact considérable suivent rarement un

chemin linéaire. Parallèlement, Oussama Ramzi

Khettabi, doctorant à Bournemouth University

(Royaume-Uni), explore la manière dont les

plateformes

numériques

transforment

la

mobilité internationale des étudiants dans «

Comment les réseaux sociaux façonnent la

mobilité internationale des étudiants ». Son

travail met en lumière la façon dont la vie

numérique des étudiants influence de plus en

plus leurs décisions en matière d’éducation

internationale — un phénomène dont les

universités doivent tenir compte pour garantir

l’efficacité de leurs stratégies de recrutement.

Ensemble,

ces

contributions

dressent

un

portrait vivant d’un enseignement supérieur en

pleine transition — à la fois global et ancré,

guidé par les données tout en demeurant

profondément humain. Elles nous invitent à

considérer que la prochaine génération de

l’internationalisation ne se définira pas unique-

ment par les destinations où voyagent les

étudiants, mais également par la manière dont

les idées, les cultures et les valeurs circulent

entre nous.

Comme toujours, ce numéro de la Lettre d’in-

formation universitaire cherche à offrir à la fois

des pistes de réflexion et des orientations pour

un paysage de l’enseignement supérieur en

constante évolution. D’Abu Dhabi à Washing-

ton, de Bournemouth à Dubaï, nos contributeu-

rs nous rappellent que l’internationalisation

n’est pas simplement une stratégie institution-

nelle — c’est un engagement collectif envers la

compréhension mutuelle, la responsabilité

partagée et la construction d’un avenir acadé-

mique plus interconnecté.

La prochaine génération de l’internationalisation : enseignements tirés de la NAFSA |

| La prochaine génération de l’internationalisation : enseignements tirés de la NAFSA

08

PERSPECTIVES DE L’INDUSTRIE

Akbar Moideen Thumbay

Vice-Président, Division des Services de Santé, Groupe Thumbay,

Émirats arabes unis

Le secteur de la santé aux

Émirats arabes unis est

extrêmement compétitif et

réglementé, et les attentes

des patients ne cessent de

croître. Ainsi, une partie de

ma responsabilité consiste

à veiller à ce que nos

systèmes soient robustes,

que nos standards cliniques

soient alignés sur les

références internationales

et que nos équipes restent

en accord avec la mission

du Groupe : l’excellence des

soins de santé fondée sur

l’éducation.

Monsieur Akbar, c’est un honneur pour nous

de vous accueillir parmi les figures industri-

elles distinguées de la Lettre d’information

universitaire pour cet entretien inédit. Pour

commencer, nous vous prions de bien vou-

loir vous présenter à nos lecteurs et de

préciser les principaux aspects de votre rôle

actuel au sein du Groupe Thumbay.

Merci pour cette aimable invitation. C’est un

plaisir d’être mis à l’honneur dans la Lettre

d’information universitaire. J’occupe actuelle-

ment le poste de Vice-Président de la Division

des Services de Santé au sein du Groupe

Thumbay, un conglomérat diversifié fondé par

mon père, le Dr Thumbay Moideen, à Ajman,

aux Émirats arabes unis (EAU). Au fil des

années, le Groupe est passé d’une seule

faculté de médecine à un écosystème cou-

vrant l’éducation, les soins de santé, le tour-

isme médical, le diagnostic, le commerce de

détail, le bien-être et les services de style de

vie.

Dans mes fonctions, je supervise l’ensemble

de nos opérations de santé, ce qui inclut le

Thumbay University Hospital — notre hôpital

universitaire phare de 350 lits — notre réseau

de cliniques Thumbay et d’hôpitaux de soins

ambulatoires, les Thumbay Labs ainsi que nos

marques de santé au détail telles que Thum-

bay Pharmacy et Zo & Mo Opticals. J’assure

également la direction de notre division de

tourisme médical, qui connecte nos services à

des patients internationaux provenant de plus

de 87 pays.

Mon travail est à la fois opérationnel et

stratégique. Le secteur de la santé aux Émirats

arabes unis est extrêmement compétitif et

réglementé, et les attentes des patients ne ces-

sent de croître. Ainsi, une partie de ma

responsabilité consiste à veiller à ce que nos

systèmes soient robustes, que nos standards

cliniques soient alignés sur les références inter-

nationales et que nos équipes restent en

accord avec la mission du Groupe : l’excellence

des soins de santé fondée sur l’éducation. Un

autre aspect clé consiste à intégrer notre

réseau de soins de santé avec Gulf Medical

University (GMU), qui constitue un système

Leçons d’innovation du

Groupe Thumbay :

un écosystème de santé

Entretien avec Akbar Moideen Thumbay, Vice-Président, Division

des Services de Santé, Groupe Thumbay, Émirats arabes unis

Entretien avec Akbar Moideen Thumbay, Vice-Président, Division

des Services de Santé, Groupe Thumbay, Émirats arabes unis

09

La prochaine génération de l’internationalisation : enseignements tirés de la NAFSA |

académique de santé unique où les étudiants

apprennent dans de véritables environne-

ments cliniques, où les chercheurs identifient

des défis réels et où les équipes cliniques con-

tribuent à façonner les talents de demain

En résumé, mon rôle consiste à trouver un

équilibre entre leadership stratégique, gestion

de l’innovation, supervision opérationnelle et

préservation d’une vision initiée par mon père

— une vision visant à créer un univers de santé

académique durable, d’influence mondiale,

fondé sur l’excellence et l’impact communau-

taire.

Comme vous l’avez mentionné, le Groupe

Thumbay s’étend sur plus de vingt secteurs

d’activité — de l’éducation, la santé, les labo-

ratoires, le tourisme médical, jusqu’au

bien-être, au commerce de détail et aux

médias. En tant que Vice-Président de la Divi-

sion des Services de Santé, comment con-

ciliez-vous

l’innovation

entrepreneuriale

(lancement de nouvelles activités ou de nou-

veaux secteurs) avec le maintien de la qualité

et de la conformité réglementaire dans des

domaines aussi sensibles que la santé et l’éd-

ucation ?

Trouver l’équilibre entre innovation et conformité

réglementaire est au cœur du leadership dans les

secteurs de la santé et de l’éducation. Dans notre

environnement, l’innovation ne peut jamais se

faire au détriment de la sécurité des patients ou

de l’intégrité académique ; elle doit au contraire

s’inscrire dans un cadre qui respecte les stand-

ards internationaux. Ainsi, notre point de départ a

toujours

été

la

culture

organisationnelle,

c’est-à-dire instaurer dans toutes nos équipes un

état d’esprit où la qualité et la conformité ne sont

pas perçues comme des contraintes, mais

comme des leviers d’une croissance durable.

Par exemple, lors de la création de Thumbay Labs,

nous avons recherché l’accréditation CAP dès le

début, non pas parce que cela était obligatoire,

mais parce que nous voulions que des références

internationales de qualité soient intégrées dans

nos systèmes dès le premier jour. Cette philoso-

phie guide l’ensemble de nos activités dans les

secteurs de la santé et de l’éducation : chaque

nouvelle initiative repose sur des standards

rigoureux, des indicateurs de qualité mesurables

et une formation continue.

Parallèlement, l’innovation doit rester vivante. Le

secteur de la santé connaît une transformation

majeure — qu’il s’agisse de diagnostics basés

sur l’IA, de parcours de traitements personnal-

isés ou d’une expérience patient privilégiant le

numérique. Pour rester en avance, nous con-

sidérons l’innovation comme une responsabilité

continue. Nous encourageons nos équipes clin-

iques, administratives et académiques à identi-

fier les inefficacités, proposer de nouvelles idées

et tester des solutions pilote.

En fin de compte, la qualité et l’innovation ne

sont pas des forces opposées ; elles se

renforcent mutuellement. La qualité crée la

confiance. La confiance permet l’innovation. Et

l’innovation, lorsqu’elle est menée de manière

responsable, élève encore davantage la qualité.

C’est ainsi que nous progressons tout en restant

fidèles à nos responsabilités en tant que

prestataires de soins de santé et d’éducation.

En fin de compte, la

qualité et l’innovation

ne sont pas des forces

opposées ; elles se

renforcent

mutuellement. La

qualité crée la

confiance. La confiance

permet l’innovation. Et

l’innovation,

lorsqu’elle est menée

de manière

responsable, élève

encore davantage la

qualité. C’est ainsi que

nous progressons tout

en restant fidèles à nos

responsabilités en tant

que prestataires de

soins de santé et

d’éducation.

10

| La prochaine génération de l’internationalisation : enseignements tirés de la NAFSA

“L’avenir du tourisme médical appartiendra aux institutions capables de

combiner accessibilité numérique et soins compatissants de haute

qualité, délivrés au sein de systèmes connectés à l’échelle mondiale. ”

11

Vous avez initié et supervisé l’expansion de

Thumbay Labs (accrédité CAP), des Thumbay

Clinics, ainsi que des divisions de commerce

de détail (telles que Zo & Mo Opticals, Thum-

bay Pharmacy, Nutri Plus Vita), entre autres.

Pourriez-vous partager une ou deux initiatives

au sein du Groupe Thumbay qui ont été partic-

ulièrement difficiles à lancer, et ce que vous

avez appris de ces défis concernant le passage

à l’échelle dans de nouveaux territoires ou

domaines d’activité ?

Deux initiatives ont été particulièrement forma-

trices en matière d’apprentissage : la création

de Thumbay Labs et l’expansion de Thumbay

Clinics. Chacune présentait des défis distincts —

l’une portait sur la crédibilité et la rigueur tech-

nique, l’autre sur la confiance communautaire

et la montée en puissance opérationnelle.

Lorsque nous avons lancé Thumbay Labs, notre

ambition n’était pas simplement de créer un

service de diagnostic, mais de bâtir un réseau

de laboratoires de référence conforme aux

standards internationaux. Obtenir l’accrédita-

tion CAP a nécessité un investissement impor-

tant dans le développement des talents, les

systèmes de gestion de la qualité, les infrastruc-

tures et l’amélioration des processus fondée sur

l’audit. Cela nous a montré que l’excellence

demande à la fois des ressources et du temps ;

la crédibilité ne peut pas être accélérée — elle

doit être acquise par la constance.

À l’inverse, l’expansion des Thumbay Clinics nous

a appris une leçon différente : la santé reste

profondément locale. Peu importe la solidité de

vos systèmes, la confiance se construit une

interaction patient à la fois. Lors de l’entrée dans

des marchés communautaires, comprendre les

nuances culturelles, recruter des médecins

appréciés des populations locales et garantir

une expérience patient uniforme sur tous les

sites ont été des éléments essentiels.

De ces deux initiatives, j’ai retenu que le lance-

ment n’est jamais la partie la plus difficile — le

véritable défi réside dans le maintien, à grande

échelle, de la qualité, de la culture et de la confi-

ance.

Le tourisme médical constitue l’un des princi-

paux axes de croissance pour le Groupe Thum-

bay, avec une portée couvrant plus de 87 pays,

comme vous l’avez indiqué. Étant donné l’essor

de la télémédecine, des diagnostics fondés sur

l’IA et des réglementations transfrontalières,

comment percevez-vous l’évolution du tour-

isme

médical

?

Et

comment

Thumbay

prépare-t-il les étudiants et le personnel à

travailler dans cet environnement mondial de

services de santé en pleine mutation ?

Le tourisme médical connaît une transformation

profonde, portée par la numérisation, l’accessi-

bilité des données médicales et la mobilité inter-

nationale croissante. Historiquement, il s’agissait

La prochaine génération de l’internationalisation : enseignements tirés de la NAFSA |

institutions capables de combiner accessibilité

numérique et soins compatissants de haute

qualité, délivrés au sein de systèmes connectés

à l’échelle mondiale.

Comme vous l’avez évoqué, la GMU et le réseau

d’hôpitaux universitaires de Thumbay sont au

cœur de votre modèle. À mesure que vous

développez le système de santé académique

(hôpitaux, cliniques, hôpitaux de jour, labora-

toires), comment intégrez-vous simultané-

ment l’innovation, la recherche et l’enseigne-

ment — sans qu’une fonction ne domine les

autres ?

Le système de santé académique que nous

opérons repose sur le principe selon lequel l’en-

seignement, la recherche et le service clinique

doivent se renforcer mutuellement, plutôt que

d’exister dans des silos. La GMU est le noyau

académique, tandis que nos hôpitaux et nos

cliniques constituent l’écosystème vivant dans

lequel le savoir est appliqué, testé et affiné en

temps réel.

Les étudiants de la GMU sont formés dans de

véritables environnements de soins, aux côtés

de cliniciens et de chercheurs. Cela donne nais-

sance à des diplômés non seulement solides

académiquement, mais aussi profondément

familiarisés avec les réalités des soins de santé

modernes.

Parallèlement, la recherche est guidée par les

besoins réels des patients identifiés dans nos

hôpitaux. Qu’il s’agisse d’IA dans le diagnostic,

d’innovation biomédicale ou de recherche clin-

ique translationnelle, les pôles académique et

clinique développent ensemble les solutions.

En essence, notre système de santé n’est pas un

modèle de service transactionnel, mais un

modèle dont l’apprentissage constitue le cœur.

Comme vous l’avez indiqué, votre père, le Dr

Thumbay Moideen, a posé des bases solides

pour le groupe, notamment en fondant sa

première faculté de médecine privée, et vous

avez désormais pris la direction de la Division

des Services de Santé. En quoi votre vision

entrepreneuriale diverge-t-elle ou s’appu-

ie-t-elle sur la philosophie fondatrice du

groupe ? Et où voyez-vous les plus grandes

opportunités de croissance entrepreneuriale

pour Thumbay au cours des cinq prochaines

années — géographiquement ou par secteur ?

12

pour les patients de se rendre à l’étranger pour

des procédures complexes ou moins coûteuses.

Aujourd’hui, le parcours commence souvent

virtuellement — par des consultations en ligne,

des avis médicaux secondaires et des diagnos-

tics soutenus par l’IA.

Chez Thumbay, nous adoptons cette évolution

de manière stratégique. Nous disposons d’équi-

pes multilingues dédiées à la coordination des

patients, proposons des téléconsultations avant

l’arrivée et assurons un suivi numérique après le

retour des patients dans leurs pays d’origine.

Notre département de tourisme médical collab-

ore étroitement avec les ambassades, les

organismes gouvernementaux et les assureurs

internationaux afin de réduire les points de

friction qui compliquent souvent les soins trans-

frontaliers.

Ce qui nous distingue réellement, cependant,

c’est notre intégration avec la Gulf Medical

University. La GMU prépare les étudiants et les

professionnels de santé à évoluer dans des

environnements médicaux diversifiés, multicul-

turels et numérisés. Les étudiants y apprennent

non seulement les sciences médicales, mais

aussi

la

communication

interculturelle,

la

collaboration interdisciplinaire et la gestion de

l’expérience

patient

des

compétences

essentielles pour la prestation de soins à

l’échelle mondiale.

L’avenir du tourisme médical appartiendra aux

| La prochaine génération de l’internationalisation : enseignements tirés de la NAFSA

“ La prochaine ère

pour Thumbay

consiste à devenir

un écosystème de

santé académique,

reconnu

mondialement,

reposant sur la

technologie et

centré sur le

patient. ”

La prochaine génération de l’internationalisation : enseignements tirés de la NAFSA | 13

La vision de mon père était ancrée dans le

service : utiliser l’éducation et la santé pour faire

progresser les communautés et développer les

capacités humaines. Ce fondement demeure

inchangé. Mon rôle a été d’étendre, de modern-

iser et de mondialiser cette vision.

Là où il s’est concentré sur la création d’institu-

tions, je me suis concentré sur leur passage à

l’échelle — à l’international et dans le numéri-

que. Là où l’infrastructure définissait autrefois

notre croissance, ce sont aujourd’hui les don-

nées, la technologie et les collaborations qui la

stimulent.

En regardant vers l’avenir, je vois des opportu-

nités majeures dans les plateformes de santé

numériques, les diagnostics guidés par l’IA, les

centres de rééducation spécialisés, l’intégration

des technologies portables et l’expansion vers

des marchés émergents en Afrique et en Asie.

La prochaine ère pour Thumbay consiste à

devenir un écosystème de santé académique,

reconnu mondialement, reposant sur la tech-

nologie et centré sur le patient.

Pour conclure, le Groupe Thumbay s’est fixé

publiquement des objectifs ambitieux, tels

que multiplier presque par dix la taille de ses

activités, accroître ses effectifs, s’étendre à

l’international et innover en continu (par exem-

ple en matière de numérisation, d’accrédita-

tion, etc.). Quels sont, selon vous, les principaux

obstacles

internes

susceptibles

d’entraver

l’atteinte de ces objectifs ambitieux ? Et quelles

stratégies mettez-vous en place pour les

surmonter ?

Une croissance ambitieuse s’accompagne inévi-

tablement de défis. Les plus importants con-

cernent l’attraction et la rétention de talents

internationaux, le maintien d’une culture et d’une

cohésion au sein d’équipes composées de plus

de cinquante nationalités, la garantie d’une résil-

ience financière dans des secteurs à forte inten-

sité capitalistique et la conduite de la transfor-

mation numérique.

Pour relever ces défis, nous investissons massive-

ment dans le développement professionnel con-

tinu, l’automatisation et la numérisation, le dével-

oppement d’un vivier de leaders et la diversifica-

tion des sources de revenus.

L’essentiel réside dans l’équilibre entre discipline

et adaptabilité. La croissance exige une clarté

stratégique, une cohérence opérationnelle et une

culture qui valorise l’apprentissage.

Avec ces fondations, nous pensons être idéale-

ment positionnés pour étendre notre écosystème

de santé et d’éducation à l’échelle mondiale.

14

LUMIÈRES SUR LE LEADERSHIP

Dr. Fanta Aw

Directrice exécutive et Présidente-directrice générale

NAFSA : Association of International Educators

ARTICLE DE COUVERTURE

| La prochaine génération de l’internationalisation : enseignements tirés de la NAFSA

Dr Aw, nous sommes ravis et honorés de

vous présenter comme notre nouvelle leader

distinguée dans ce numéro de la Lettre d’in-

formation

universitaire

afin

d’aborder

l’internationalisation

de

l’enseignement

supérieur.

Votre

parcours

de

votre

jeunesse au Mali, en passant par trois

décennies à American University, jusqu’à

votre rôle à la tête de la NAFSA — est

remarquable. Pourriez-vous présenter votre

parcours

à

nos

lecteurs,

en

revenant

peut-être sur une ou deux expériences

déterminantes qui ont façonné votre vision

de l’enseignement supérieur international ?

Je dis souvent que mon histoire personnelle et

professionnelle est l’histoire même de l’édu-

cation internationale. J’ai quitté le Mali très

jeune pour m’installer au Liberia, en raison de

la profession de mon père. Je suis ce que l’on

appellerait une « nomade globale » ou une «

adulte de troisième culture ». J’ai poursuivi

une scolarité en français : lycées à Monrovia,

Washington D.C. et Nairobi, avant de retourner

aux États-Unis pour l’université. Avoir été

exposée très tôt à une éducation mondiale a

profondément façonné ma vision du monde

et mes rencontres. Nouer des amitiés au-delà

des frontières et des cultures m’a fait com-

prendre l’importance des échanges intercul-

turels. À l’université, la bienveillance d’incon-

nus, les professeurs qui ont cru en moi et les

communautés qui m’ont accueillie m’ont

appris que l’éducation ne consiste pas seule-

ment à acquérir des connaissances — elle

porte sur l’appartenance et la transformation.

L’un des moments les plus déterminants pour

moi est survenu au début de mon parcours à

American University. Je faisais partie d’une

cohorte diversifiée d’étudiants — chacun de

nous loin de chez soi, mais trouvant un foyer

les uns auprès des autres. Cette expérience

m’a ouvert les yeux sur la profondeur des con-

nexions humaines que l’éducation interna-

tionale permet. Elle a également renforcé ma

conviction que l’inclusion doit être au cœur de

tout ce que nous faisons.

Le second tournant est survenu plus tard dans

ma carrière, lorsque j’ai compris que les déci-

sions politiques — prises dans les capitales et

les salles de conférence — peuvent soit ouvrir,

soit fermer les portes de l’opportunité pour

des étudiants comme celle que j’étais. Cette

“L’un des moments les plus

déterminants pour moi est survenu au

début de mon parcours à American

University. Je faisais partie d’une

cohorte diversifiée d’étudiants —

chacun de nous loin de chez soi, mais

trouvant un foyer les uns auprès des

autres. Cette expérience m’a ouvert

les yeux sur la profondeur des

connexions humaines que l’éducation

internationale permet. ”

NAFSA : devenir

“le rassembleur et la conscience mondiale

de l’éducation internationale”

15

Entretien avec Dr Fanta Aw, Directrice exécutive et

Présidente-directrice générale de NAFSA : Association of

International Educators

Entretien avec Dr Fanta Aw, Directrice exécutive et

Présidente-directrice générale de NAFSA : Association of

International Educators

La prochaine génération de l’internationalisation : enseignements tirés de la NAFSA |

prise de conscience m’a menée vers le

plaidoyer et vers la mission de la NAFSA : pro-

mouvoir

l’éducation

internationale

non

comme un privilège réservé à quelques-uns,

mais comme un pont de compréhension et

de paix pour tous.

En tant que directrice exécutive et Présiden-

te-directrice générale de la NAFSA (et anci-

enne Présidente de l’association), vous

dirigez une organisation comptant plus de 10

000 membres provenant de plus de 4 000

établissements répartis dans plus de 140

pays. Comment conciliez-vous la diversité

des besoins et des perspectives au sein

d’une communauté aussi vaste lorsque

vous définissez les priorités stratégiques ?

Cela commence par l’humilité. Vous ne pouvez

pas diriger un réseau mondial de cette enver-

gure depuis un seul point de vue. Vous devez

écouter attentivement — les universités au

Ghana et en Allemagne، les community colleges

en Arizona et en Alberta، les ministères de l’édu-

cation et les ONG en Inde ou en Indonésie. La

richesse de la communauté de la NAFSA réside

dans sa complexité.

Nos priorités stratégiques se construisent par le

dialogue. Nous investissons fortement dans la

consultation — à travers notre conseil d’admin-

istration, nos responsables régionaux et nos

partenaires — car le contexte compte. Ce qui

empêche un vice-chancelier de dormir à Nairo-

bi n’est pas nécessairement ce qui motive un

doyen associé à Boston. Mais par-delà les

différences, des aspirations communes émer-

gent : la pertinence, l’équité et la résilience.

Mon rôle consiste à créer du lien — à transform-

er cette diversité de perspectives en un impact

collectif. C’est pourquoi notre stratégie actuelle

met l’accent sur la préparation au futur :

renforcer notre voix dans le plaidoyer, appro-

fondir nos partenariats mondiaux et veiller à ce

que nos programmes préparent les éducateurs

et les établissements à prospérer dans une ère

marquée par la disruption.

Le terme « internationalisation » est souvent

utilisé de manière très large. Selon vous, com-

ment devrait-il être repensé ou affiné à l’ère

actuelle marquée par la géopolitique, la trans-

formation numérique et la crise climatique ? À

quoi

ressemble

une

internationalisation

véritablement significative aujourd’hui ?

Nous devons dépasser l’idée que l’internationali-

Vous ne pouvez pas diriger un

réseau mondial de cette

envergure depuis un seul

point de vue. Vous devez

écouter attentivement — les

universités au Ghana et en

Allemagne, les community

colleges en Arizona et en

Alberta, les ministères de

l’éducation et les ONG en Inde

ou en Indonésie. La richesse de

la communauté de la NAFSA

réside dans sa complexité.

16

| La prochaine génération de l’internationalisation : enseignements tirés de la NAFSA

mondiale est profondément reconfigurée par les

dynamiques géopolitiques, la crise climatique et

la concurrence internationale pour les talents.

À la NAFSA, nous travaillons sur plusieurs fronts :

“Nous entrons également dans ce

que j’appelle la prochaine

génération de

l’internationalisation — une ère

où les outils numériques nous

permettent de connecter des

communautés d’apprentissage

d’une manière autrefois

inimaginable, mais où l’éthique et

l’équité doivent guider l’usage de

la technologie. À mesure que nous

adoptons l’IA, les échanges

virtuels et la mobilité hybride,

nous devons nous demander : qui

est laissé pour compte ? Qui en

bénéficie ? Et comment

pouvons-nous garantir la

réciprocité plutôt que des

échanges à sens unique ? ”

17

sation se résume à la mobilité ou au recrute-

ment. Ces éléments sont importants — mais

insuffisants.

Une

internationalisation

véritablement

significative, en 2025 et au-delà, doit être

centrée sur l’humain, guidée par des valeurs

et consciente des enjeux planétaires. Il s’agit

d’un échange de connaissances et d’idées

au-delà des frontières, de manière à répon-

dre à nos défis mondiaux communs — qu’il

s’agisse de l’adaptation climatique, de la

santé publique ou de l’intelligence artificielle.

Cela implique la co-création de solutions

avec nos partenaires, et non l’exportation de

modèles vers eux.

Nous entrons également dans ce que j’ap-

pelle la prochaine génération de l’internation-

alisation — une ère où les outils numériques

nous permettent de connecter des commu-

nautés d’apprentissage d’une manière autre-

fois inimaginable, mais où l’éthique et l’équité

doivent guider l’usage de la technologie. À

mesure que nous adoptons l’IA, les échanges

virtuels et la mobilité hybride, nous devons

nous demander : qui est laissé pour compte ?

Qui en bénéficie ? Et comment pouvons-nous

garantir la réciprocité plutôt que des échang-

es à sens unique ?

En fin de compte, l’internationalisation doit

être un moyen au service de la justice, de la

durabilité et de la paix. Ce n’est plus un luxe ni

un instrument de soft power — c’est un

élément essentiel à notre survie collective.

La NAFSA est depuis longtemps engagée

dans le plaidoyer, les politiques publiques et

les questions de visa/immigration touchant

les étudiants internationaux. Quels sont,

selon vous, les défis politiques les plus

urgents aujourd’hui, et comment la NAFSA

se positionne-t-elle pour y répondre ? Et

au-delà de la politique migratoire, quel rôle

les communautés locales et les gouverne-

ments des États peuvent-ils jouer pour

soutenir le sentiment d’appartenance des

étudiants internationaux ?

Nous sommes à un moment critique. Aux

États-Unis, l’incertitude politique autour des

visas, de l’Optional Practical Training (OPT) et

des autorisations de travail continue d’en-

voyer des signaux contradictoires aux étudi-

ants internationaux. Par ailleurs, la mobilité

Plaidoyer : Nous dirigeons des coalitions telles

que U.S. for Success afin de sensibiliser les

décideurs au fait que l’éducation internationale

n’est pas seulement bénéfique pour les étudi-

ants — elle est essentielle pour l’économie, la

sécurité et l’écosystème d’innovation des

États-Unis.

La prochaine génération de l’internationalisation : enseignements tirés de la NAFSA |

“Les établissements qui

seront à l’avant-garde

dans la prochaine

décennie seront ceux qui

considèrent

l’engagement mondial

non pas comme un

“supplément”, mais

comme une composante

essentielle de leur mission

académique et sociale. ”

18

Mais la politique ne suffit pas. Le sentiment

d’appartenance commence dans les commu-

nautés. J’ai vu de petites villes de l’Iowa ou de

grandes métropoles comme Boston se mobilis-

er pour que les étudiants internationaux se sen-

tent chez eux — grâce à des programmes de

familles d’accueil, des stages et des partenari-

ats civiques. Les États peuvent également jouer

un rôle moteur en investissant dans des par-

cours professionnels qui retiennent les talents

internationaux.

L’appartenance

doit

être

co-créée — c’est la responsabilité de chacun.

Ces dernières années, de nombreux établisse-

ments ont été confrontés à une baisse des

inscriptions d’étudiants internationaux, à

l’évolution des flux mondiaux de talents et à

des pressions liées aux chaînes d’approvi-

sionnement et aux coûts. Quelles stratégies

avez-vous

observées

(ou

recomman-

dez-vous)

pour

les

établissements

qui

cherchent à s’adapter et à rester résilients

dans leur engagement international ?

La résilience, aujourd’hui, exige une réimagina-

tion profonde. Les établissements doivent passer

de modèles de recrutement transactionnels à

des écosystèmes relationnels fondés sur des

partenariats à long terme et une valeur partagée.

Premièrement, la diversification est essentielle —

tant sur le plan géographique que programma-

tique. Les « quatre grands » pays de destination

ne peuvent plus se reposer sur leur domination

historique. De nouvelles destinations émergent

en Afrique, en Asie, en Amérique latine et en

Europe, proposant des modèles renouvelés de

coopération.

Deuxièmement,

les

établissements

doivent

aligner leur engagement international sur leur

mission et leur stratégie. Cela signifie intégrer

l’internationalisation à l’ensemble de l’institution

en

la

reliant

au

développement

des

compétences, à la collaboration en matière de

recherche, aux objectifs de durabilité et à l’en-

gagement communautaire.

Troisièmement, le leadership et les données sont

déterminants. Nous devons utiliser des éléments

probants pour prendre des décisions éclairées

concernant les marchés, les partenariats et l’im-

pact. Mais il est tout aussi essentiel d’investir

dans les personnes — les professionnels qui

rendent ce travail possible.

Enfin, l’agilité. Ceux qui prospéreront seront ceux

qui s’adapteront rapidement, adopteront l’inno-

vation et placeront au cœur de leurs stratégies

l’inclusion et la réciprocité. Les établissements

qui seront à l’avant-garde dans la prochaine

Données et recherche: Nous produisons des

analyses opérationnelles qui démontrent les

contributions économiques et sociales tangi-

bles des étudiants internationaux aux commu-

nautés locales.

Réforme politique: Nous continuons à plaider

en faveur d’une stratégie nationale coordon-

née pour l’éducation internationale, alignant

les politiques d’immigration, de main-d’œuvre

et d’éducation de manière à positionner les

États-Unis dans la compétition mondiale.

| La prochaine génération de l’internationalisation : enseignements tirés de la NAFSA

décennie seront ceux qui considèrent l’engage-

ment mondial non pas comme un « supplément

», mais comme une composposante essentielle

de leur mission académique et sociale.

L’équité, l’inclusion et les approches décoloni-

ales occupent une place de plus en plus cen-

trale dans le discours de l’enseignement

supérieur. Comment la NAFSA intègre-t-elle

ces valeurs dans ses pratiques, ses pro-

grammes et son accompagnement des étab-

lissements membres, et à quoi cela ressem-

ble-t-il concrètement ?

L’équité et l’inclusion ne sont pas des projets

parallèles — elles constituent le fondement

même de notre travail. Pendant trop longtemps,

l’éducation internationale a été façonnée par

des flux unidirectionnels et des paradigmes

euro-américains. Nous devons interroger cet

héritage avec honnêteté et reconstruire le

champ avec humilité et courage.

À la NAFSA, cet engagement se manifeste de

manière concrète :

“Une perspective

décoloniale signifie

passer de

l’extraction à

l’échange, de la

représentation à

l’autorité partagée.

Cela signifie

reconnaître que le

savoir est pluriel — et

que l’avenir de

l’éducation

internationale

dépend du respect

de cette pluralité. ”

19

Nous diversifions notre leadership et nos

intervenants

dans

l’ensemble

de

nos

rencontres — en veillant à ce que les voix

mondiales, en particulier celles du Sud

global,

ne

soient

pas

simplement

représentées, mais réellement mises au

centre.

Nous avons restructuré nos prix et bourses

afin d’ouvrir des opportunités aux profes-

sionnels sous-représentés et aux nouveaux

leaders.

Grâce à des initiatives comme le WES–NAF-

SA African Fellows Program, les forums d’Af-

rique et d’Amérique latine, nous investissons

dans la production de connaissances issues

de contextes divers.

En interne, nous réexaminons nos propres

systèmes et notre culture afin que l’apparte-

nance soit vécue, et pas seulement déclarée

Une perspective décoloniale signifie passer de

l’extraction à l’échange, de la représentation à

l’autorité partagée. Cela signifie reconnaître

que le savoir est pluriel — et que l’avenir de l’éd-

ucation internationale dépend du respect de

cette pluralité.

La prochaine génération de l’internationalisation : enseignements tirés de la NAFSA |

20

Le leadership au sein d’une organisation

mondiale exige une sensibilité aux diversités

culturelle, politique et linguistique. Quelles

pratiques, quels états d’esprit ou quelles hab-

itudes de leadership avez-vous développés

pour naviguer dans ces complexités ?

J’ai appris que le leadership ne consiste pas à

être la voix la plus forte dans la salle — il s’agit

de créer un espace où les autres peuvent être

entendus. Trois habitudes m’ont guidée:

Et peut-être plus important encore, je dirige en

m’appuyant sur le sens de l’ubuntu — la philos-

ophie africaine qui nous rappelle : « Je suis

parce que nous sommes. » Dans un monde

marqué par la polarisation, l’ubuntu offre une

boussole morale. Il rappelle que le leadership

ne porte pas sur le contrôle, mais sur la connex-

ion.

En regardant vers les 5 à 10 prochaines

années, quelle est votre vision du rôle que

jouera la NAFSA dans la construction de l’ave-

nir de l’enseignement supérieur international

? Et quel héritage souhaitez-vous laisser sous

votre direction ?

Ma vision est que la NAFSA devienne le rassem-

bleur et la conscience mondiale de l’éducation

internationale — un espace où les idées, les

preuves et l’action se rencontrent pour façon-

ner un monde plus juste et plus interconnecté.

Nous sommes en plein travail de transforma-

tion à la NAFSA. Nous réimaginons notre modèle

économique, investissons dans les données et

la technologie, élargissons nos partenariats

avec les gouvernements et les organisations

internationales et nous nous positionnons

comme un centre d’innovation et d’expertise en

matière de politiques publiques.

Dans la décennie à venir, je vois la NAFSA:

Quant à mon héritage — si, dans quelques

années, l’on dit que sous ma direction la NAFSA

est devenue plus mondiale, plus inclusive, plus

tournée vers l’avenir et plus centrée sur l’humain

Écouter avec curiosité : J’aborde chaque

rencontre en tant qu’apprenant. Que je sois à

Riyad, au Sénégal, à Kuala Lumpur ou à San-

tiago, je cherche à comprendre avant de

parler. Le contexte est essentiel.

Diriger avec empathie et clarté : Dans les

moments de crise ou d’incertitude, les gens

recherchent à la fois la compassion et la

direction. Je crois en l’importance de

nommer les réalités avec honnêteté tout en

laissant de la place à l’espoir.

Pratiquer la réflexion et le mouvement : Mes

marches quotidiennes — souvent cinq miles

— sont mon sanctuaire. C’est là que je traite

les idées, trouve du recul et me reconnecte à

ma mission. Le leadership exige un renouvel-

lement constant.

Contribuer à façonner l’avenir de la mobilité

mondiale et des écosystèmes d’apprentissage

— depuis l’orientation soutenue par l’IA jusqu’aux

nouveaux modèles d’échanges hybrides.

Défendre l’éducation internationale comme un

bien public — essentielle à la démocratie, à la

consolidation de la paix et au développement

durable.

Créer un espace pour des conversations auda-

cieuses sur la liberté académique, l’inclusion et

l’éthique de la collaboration internationale.

| La prochaine génération de l’internationalisation : enseignements tirés de la NAFSA